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Mésange noire

 


Sauvegardons ensemble les busards

Auteur(s) : Samuel TALHOET  

Actualisé le jeudi 29 octobre 2009.

 

Un rapace vole de manière chaloupée au-dessus d’un champ, à faible hauteur, les ailes souvent relevées vers le haut ? Il doit probablement s’agir d’un busard qui recherche sa nourriture, essentiellement composée de campagnols ou de mulots. En effet, une famille de busards consomme chaque année plusieurs milliers de rongeurs. Ces rapaces sont donc de précieux auxiliaires de l’agriculture !

Deux espèces de busards se reproduisent dans notre département :

- le Busard Saint-Martin est un rapace de taille moyenne, plus petit qu’une buse (environ 1,10 m d’envergure pour un poids de 400 g). Les mâles possèdent un plumage gris dessus, blanc dessous et les pointes des ailes noires. Les femelles ont un plumage brun dessus, chamois rayé dessous avec un croupion blanc.

C’est une espèce en fort déclin en Europe. Seulement 7 800 à 11 200 couples s’y reproduisaient en 2002 et la France accueille plus de 50 % des effectifs de l’Europe de l’ouest (Russie exclue). Notre pays joue donc un rôle fondamental dans la conservation de l’espèce. Les populations les plus importantes se situent dans les régions Centre et Poitou-Charentes. En Aveyron, c’est un nicheur assez commun où la population est estimée entre 90 et 180 couples en 2002.

- le Busard cendré est légèrement plus petit que son cousin Saint-Martin (environ 1 m d’envergure avec un poids de 310 g). La distinction des deux espèces est difficile pour les femelles. Les mâles de Busard cendré se reconnaissent par une barre noire sur les ailes et le dessous strié de roux.
Certains indicateurs montrent que la population française aurait tendance à diminuer depuis 1995. En 2002, les effectifs français sont estimés entre 3 900 et 5 100 couples nicheurs. Notre pays joue aussi un rôle important dans la conservation de l’espèce puisqu’il accueille 25 % des couples d’Europe de l’ouest, après l’Espagne. En France, il possède une distribution hétérogène où plusieurs noyaux se dégagent : le Centre-Ouest, le quart Nord-Est et une zone s’étendant du Massif central au Roussillon. En Midi-Pyrénées, les régions les plus peuplées sont très nettement le Tarn et l’Aveyron où quelques milieux naturels favorables subsistent.

Le Busard cendré est une espèce totalement migratrice qui passe l’hiver en Afrique tropicale. Elle n’est présente en Aveyron que d’avril à septembre. Au contraire, le Busard Saint-Martin est une espèce dite « migratrice partielle », c’est à dire que les oiseaux du nord de l’Europe sont migrateurs tandis que les oiseaux méridionaux sont plutôt sédentaires. Dans notre département, le Busard Saint-Martin est présent toute l’année. En période hivernale, certains individus se regroupent dans des landes pour passer la nuit : c’est ce que l’on appelle des dortoirs hivernaux.

Les busards sont les seuls rapaces diurnes à nicher au sol. A l’origine, ils construisaient leurs nids dans des milieux naturels comme des landes ou les marais. En raison de la raréfaction de ces biotopes, notamment due à l’intensification de l’agriculture, ils se sont adaptés et installent aujourd’hui de plus en plus souvent leur nid dans des milieux cultivés : prairies de fauche, luzernières, céréales… Malheureusement, les œufs et les jeunes busards, généralement incapables de voler au moment des fauches et des moissons, sont souvent tués involontairement par les moissonneuses ou les engins de fauche.

Afin de sauvegarder durablement ces rapaces, des mesures sont primordiales pour conserver et gérer les milieux naturels encore utilisés par les busards (landes, coupes forestières, tourbières…) en période de reproduction ou d’hivernage. Des programmes de gestion de ces milieux peuvent être mis en place en partenariat avec le Conservatoire régional des espaces naturels de Midi-Pyrénées (CREN) et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de l’Aveyron.

Dans les milieux cultivés où les risques de destruction des nichées sont plus importants, plusieurs solutions simples et peu contraignantes existent. Ces mesures sont mises en place par la LPO en fonction de ce que souhaite l’agriculteur.
Par exemple, dans le cas où un nid est repéré dans une parcelle qui serait fauchée ou moissonnée avant l’envol des jeunes busards on peut laisser un carré de végétation non coupée autour du nid, de 2,5 à 5 m de côté (plus la surface non coupée est grande, plus le taux de réussite de la reproduction est élevé). Un grillage temporaire, fixé au sol, permet d’assurer une protection relative contre les prédateurs naturels (renards, sangliers…). La LPO peut prêter et installer le grillage à votre demande.
Dans certains cas où cette technique ne peut être appliquée et que le risque de destruction est imminent, il faut se résoudre à prélever les œufs pour les placer dans un incubateur du Centre régional de sauvegarde de la faune sauvage caussenard basé à Millau. L’élevage et l’envol des jeunes par la méthode du « taquet » seront alors effectués dans un milieu naturel riche en proies. Attention, les busards sont des espèces strictement protégées par la loi, de telles opérations ne peuvent donc être effectuées que par des personnes dûment autorisées.

Enfin, une mesure intéressante et plus pérenne est la mise en place par les agriculteurs de jachères « Environnement et faune sauvage » qui favorise l’installation et le maintien des busards grâce à un couvert végétal protecteur adapté pendant toute la période de reproduction.

Grâce à l’aide de nombreux agriculteurs du département la LPO a pu sauver plusieurs dizaines de busards depuis 2003. Alors n’hésitez pas à contribuer à la préservation de ces précieux auxiliaires de culture en signalant les busards présents sur vos parcelles à la LPO (05 65 42 94 48). Petite cerise sur le gâteau, si les busards que vous voyez porte des marques de couleurs sur les ailes, relevez les et vous contribuerez à un programme scientifique pour mieux connaître les mécanismes de dispersion des jeunes.

 


 


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