Réserve naturelle régionale du Fel

Véritable sanctuaire de biodiversité géré par la LPO Aveyron, la réserve naturelle régionale  « les coteaux du Fel », située au nord de l’Aveyron, à la confluence entre le Lot et la Truyère, abrite sur plus de 80 hectares une richesse surprenante d’espèces animales et végétales.

Moyen-argus © J-L Rapin

Historique de la création de la réserve

Le projet de création de la réserve a émergé en 2003 lorsque plusieurs propriétaires privés de la commune du Fel, sensibles à la qualité et à la fragilité du patrimoine naturel, ont souhaité s’engager dans un projet de classement de leurs propriétés en réserve naturelle, pour protéger notamment le Lézard ocellé. L’appui de la LPO Aveyron a été décisif pour bâtir cette demande au terme de plusieurs années d’échanges et de concertation. Les inventaires naturalistes qui se sont succédés avant sa création ont mis en évidence la forte valeur patrimoniale de l’écosystème tout entier. Pas moins de 84 hectares de bois, de landes et de prairies, sont ainsi protégés ainsi qu’un cortège faunistique et floristique de valeur patrimoniale régionale et européenne, dont le Lézard ocellé, le Triton marbré et de nombreuses colonies de chauves-souris.

Callune © N. Bidron

Le 10 février 2011, la commission permanente du Conseil régional de Midi-Pyrénées a créé officiellement la Réserve naturelle régionale « Les coteaux du Fel ». Il s’agit de la première réserve classée en Aveyron. En mars 2012 la LPO Aveyron a été désignée comme gestionnaire du site.

A l’entrée de la réserve © L. Campourcy

Une règlementation précise a été établie pour assurer la préservation du site – il est notamment interdit de :

  • Circuler en véhicule à moteur
  • Sortir des chemins balisés
  • Prélever ou introduire des espèces animales ou végétales
  • Déranger les animaux sauvages
  • Utiliser des produits phytosanitaires sur les parcelles agricole

Prairie naturelle © L.Campourcy

Biodiversité de la Réserve

Habitats, flore et champignons

La Réserve des Coteaux du Fel présente une mosaïque de milieux (bois de châtaigniers, chênaies, prairies, plantation de conifères, landes, vignes…) qui jouent un rôle important pour la biodiversité.

Prairie naturelle et forêt © L.Campourcy

Les bois sont dominés par le chêne, le châtaignier et dans une moindre mesure le frêne. Le long du ruisseau de Portez on peut notamment observer la Dorine à feuilles opposées. Les landes sèches s’identifient dans le paysage par le pourpre des bruyères et des callunes, intimement mélangé avec la Fougère aigle et le Genêt à balai.

Les châtaigneraies en automne © L. Campourcy

L’intérêt mycologique du site a été mis en évidence par des études récentes conduites par l’Association Mycologique et Botanique de l’Aveyron et par le CBNPMP. En tout 284 espèces de champignons ont été découvertes, dont certaines n’avaient jamais été trouvées en Aveyron auparavant. Une prairie naturelle abrite une cohorte Entolomes – Hygrocybes, qui donnent à la réserve un intérêt national.

Faune

  • 10 espèces de reptiles sont recensées sur la réserve : outre la Couleuvre d’esculape et l’Orvet fragile, on trouve aussi le Lézard ocellé, l’espèce emblématique de la réserve du fait de sa rareté.

Lézard ocellé © T. Vergély

  • 8 espèces d’amphibiens ont été contactées en période de reproduction sur le site : la réserve accueille ainsi 54 % des espèces d’amphibiens présentes dans le département de l’Aveyron. Triton marbré, grenouilles…
  • 102 espèces d’oiseaux sont observées régulièrement sur le site dont une trentaine d’entre elles sont nicheuses. On peut notamment observer le Circaète Jean-le-Blanc chassant des reptiles, guetter la Pie-grièche écorcheur à l’affût sur un piquet à la recherche d’insectes dans une prairie, ou encore entendre à la tombée de la nuit les soirs d’été le ronronnement de l’Engoulevent d’Europe.

Engoulevent d’Europe © T. Vergély                

  • 39 espèces de mammifères sont connues dont la discrète Genette commune. 15 d’entre elles sont protégées au niveau national, dont 10 espèces de chauves-souris. Parmi ces dernières, le Petit Rhinolophe, le Murin à oreilles échancrées ou encore la Barbastelle d’Europe occupent volontiers les granges, les anciens fours à pain ou les séchoirs à châtaignes pendant l’été pour élever leurs jeunes.

La grande variété des milieux permet le développement d’une importante diversité d’arthropodes – on dénombre sur la réserve :

  • 136 espèces de coléoptères
  • 57 espèces de papillons de jour
  • 14 espèces d’odonates (libellules et demoiselles)
  • une diversité particulièrement importante d’araignées pour la région Midi-Pyrénées (207 espèces)

Carabe espagnol © S. Carboni

Actions

Depuis la création de la réserve en 2011, de nombreuses actions ont été mises en place pour favoriser la biodiversité. Notamment :

  • La réouverture de certaines vieilles terrasses à vignes pour favoriser l’accueil du Lézard ocellé.
  • Le curage et la restauration des mares et points d’eaux de la réserve pour favoriser les amphibiens et odonates
  • La restauration complète d’un sécadou et des aménagements de vieux bâtiments permettant d’accueillir des colonies de chauves-souris
  • Des visites, des actions de sensibilisation et d’information du public

La restauration du Sécadou  © L.Campourcy

Suivi écologique, application de la règlementation

En parallèle, la Réserve bénéficie d’une surveillance régulière par la conservatrice et par l’ONCFS pour veiller à l’application de la règlementation et au respect de la quiétude et de l’intégrité des lieux. C’est également l’occasion d’échanger avec les visiteurs et de partager des connaissances passionnantes sur la Réserve.

La conservatrice sur le terrain © N. Bidron

De plus, de nombreuses actions de suivi écologique et d’étude des milieux sont réalisées chaque année, ponctuellement ou régulièrement, pour améliorer la connaissance des espèces présentes sur la réserve et suivre l’évolution des populations. Ces études sont souvent longues et coûteuses, car elles nécessitent l’intervention de spécialistes sur plusieurs jours (inventaires sur le terrain, analyse des résultats, rédaction de rapport d’étude), mais elles sont fondamentales pour choisir les meilleurs stratégies de conservation.

La réserve du Fel est un vrai sanctuaire pour des centaines d’espèces sauvages.

A l’heure où la biodiversité subit des pressions très fortes, ces espaces naturels préservés sont d’une grande importance.

Petit rhinolophe © A. Hardy

Sur ce territoire préservé s’applique une réglementation spécifique, dont voici quelques règles à suivre :

Vous trouverez des informations complémentaires dans les documents ci-dessous :

Plan de gestion – 15 Mo

 

Plaquette

 

Arrêté de classement

 

Fiche d’identité

 

Carte du site